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Le rap québécois brille à l’ADISQ 2025 : Souldia est le roi incontesté
Sous l’énergie contagieuse de Sarahmée, le Premier Gala de l’ADISQ a pris cette année les couleurs du Hip-Hop.

Cette semaine, l’organisation ADISQ célébrait la musique d’ici à travers trois événements : le Gala de l’Industrie, le Premier Gala et le Gala officiel présenté à la Place des Arts. Si les projecteurs ont illuminé de nombreuses figures de la chanson québécoise, une chose s’est imposée avec évidence : le rap occupe désormais une place majeure au sein de la culture populaire. Entre les prestations de Sarahmée, Aswell, Naomi et Shah Frank, la scène Hip-Hop a dominé les conversations et les distinctions.
Lors du Premier Gala, animé par Sarahmée et diffusé sur les ondes de Télé-Québec, c’est Souldia qui a raflé le Félix de l’Album de l’année – Rap pour Nouvelle vie. Ce prix s’ajoute à une impressionnante série de reconnaissances : après Ad vitam aeternam (2018) et Backstage (2023), il signe ainsi une troisième victoire historique dans cette catégorie, un record pour un artiste solo.
Il est important de rappeler que dans l’histoire du rap québécois, seul Taktika avait jusqu’ici réussi l’exploit de remporter trois Félix dans la catégorie Album de l’année – Rap. En ajoutant leurs victoires et participations au sein du collectif 83, le total grimpe même à cinq Félix, un record historique pour un groupe issu de la scène Hip-Hop francophone.
Leur parcours, entamé dès la fin des années 1990 avec des projets devenus cultes comme Mon mic, mon forty, mon blunt (2001), L’Affaire Taktika (2006) et Le Cœur et la Raison (2009), a ouvert la voie à toute une génération d’artistes. Aujourd’hui, Souldia rejoint donc ce cercle très fermé, égalant la performance de Taktika sur le plan individuel et confirmant que le rap québécois possède désormais ses véritables légendes.
Sorti sous l’étiquette Disques 7ième Ciel du réputé M. Steve Jolin, l’album témoigne d’une évolution artistique où la lucidité prend le dessus sur la rage, sans trahir les origines de Souldia, rappeur de Limoilou dont la constance force le respect.
Une partie de la crème de la crème
La catégorie rap, cette année, réunissait plusieurs poids lourds du mouvement. Lost figurait en nomination pour Portrait robot, un projet réalisé avec Souldia, salué pour son équilibre entre mélodie et gravité. Rymz proposait Vivre à mourir (Deluxe), une réédition marquée par des sonorités plus introspectives.
Sarahmée, également maîtresse de cérémonie, se distinguait avec Pleure pas ma fille, sinon maman va pleurer, un album à la fois personnel et socialement engagé. Enfin, Raccoon complétait le tableau avec Porter le coup, oublier. Porter la marque, se souvenir, une œuvre conceptuelle ancrée dans le vécu et la mémoire.
Ce palmarès illustre la diversité du rap québécois en 2025. Des voix multiples, des approches variées, mais une même réalité : ce sont ces artistes qui remplissent les salles. Car même si certains estiment que les mêmes noms reviennent d’année en année, il faut admettre que ce sont eux qui déplacent les foules, qui vendent des billets, et qui transforment la scène québécoise en un véritable moteur culturel. Pendant que plusieurs peinent à remplir la moitié d’un bar, Souldia, Loud, Rymz, FouKi, Lost ou Sarahmée enchaînent les tournées à guichets fermés.
Une industrie entière portée par la culture Hip-Hop
Du côté des artisans, la scène Hip-Hop s’est aussi distinguée au Gala de l’Industrie. L’agence SIX Media Marketing, où travaille Patricia Clavel, a remporté le Félix de l’Équipe de relations de presse de l’année. Une récompense méritée pour une professionnelle qui œuvre depuis des années à donner au rap québécois la visibilité qu’il mérite, en le plaçant au cœur des médias et des institutions culturelles. Cette reconnaissance rappelle que derrière chaque artiste se trouve une équipe solide, essentielle à la croissance du mouvement.
En réunissant Souldia, Lost, Rymz, Sarahmée, Fredz, Raccoon et Patricia Clavel sous la même bannière, l’ADISQ 2025 aura confirmé ce que la rue et les réseaux savaient déjà : le rap québécois n’est plus un courant marginal, mais un pilier de la musique francophone contemporaine. Ces artistes ont non seulement conquis le public, mais aussi institutionnalisé leur place au sein de la culture québécoise.
Avec son troisième Félix, Souldia marque l’histoire et impose son nom dans la mémoire collective. Il devient le premier rappeur solo à atteindre un tel palmarès, incarnant la transition entre l’underground et la reconnaissance grand public. Plus qu’un trophée, cette victoire symbolise une réalité : en 2025, le rap n’est plus une alternative, il est le cœur battant de la musique d’ici.
Le Gala officiel, animé par Pierre-Yves Roy-Desmarais depuis la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, a poursuivi cette reconnaissance du hip-hop. Si les grandes catégories mettaient en vedette des figures comme Fredz et Jay Scøtt, c’est la présence du rap dans les performances et les nominations qui a confirmé sa place parmi les genres dominants. La chanson Le stade de Fredz figurait notamment parmi les finalistes pour la Chanson de l’année, preuve supplémentaire de l’impact générationnel du rap d’ici.
Souldia revient en lice avec Nouvelle vie dans deux catégories majeures : Album de l’année – Succès populaire et Spectacle de l’année, ce qui veut dire qu’il pourrait repartir avec un ou deux nouveaux Félix supplémentaires dimanche soir dès 19 h 30 à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts (Montréal, Québec, Canada).
À suivre…
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