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Le rap ressort perdant au Gala de l’ADISQ, mais gagne en popularité
Lors de son discours de remerciement, Elisapie a prononcé des mots qui résonneront longtemps.

Le 47e Gala de l’ADISQ s’est tenu à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, à Montréal. L’événement était diffusé dès 20 h sur ICI TÉLÉ, ICI TOU.TV, Radio-Canada.ca/adisq, ainsi que sur les plateformes ICI MUSIQUE et Radio-Canada OHdio, permettant au public d’y assister en direct partout au pays. Sous l’énergie contagieuse de Pierre-Yves Roy-Desmarais, le Gala comptait plusieurs artistes issus de la culture Hip-Hop parmi les nommés, confirmant la présence solide du rap québécois au centre de la scène musicale d’aujourd’hui.
Notre journaliste Métis Wallace était sur place dans la salle de presse avec son acolyte et co-animateur Number Juan de l’émission de radio On s’en rap pour couvrir l’événement en temps réel.

Photo : Julien Clairoux (Métis Wallace sur le tapis du 47e Gala de l’Adisq 2025)
Que ce soit des galas comme : ADISQ, Les Flammes ou encore Franco Votes, qui travaille à créer la première catégorie francophone aux GRAMMY Awards en recueillant les appuis de l’industrie afin de démontrer à l’organisation l’importance de la culture musicale francophone, tous participent à un même mouvement : faire rayonner la langue française et son héritage musical sur la scène mondiale.
Le 47e Gala de l’ADISQ s’est ouvert sur un message empreint d’émotion signé Serge Fiori. L’auteur-compositeur, figure emblématique de la musique québécoise, a livré quelques mots qui ont touché la salle :
« Tout est dans l’autre, tout est dans le nous, faut pas l’oublier. Faut garder le Québec dans votre cœur, s’il vous plaît, dans tout ce que vous faites. On vous aime d’amour. On saura jamais comment vous remercier assez. Merci. »
Ses paroles ont été accueillies par une ovation du public, lançant la soirée sur une note à la fois unificatrice et chargée de reconnaissance envers la scène musicale d’ici.
La cérémonie s’est ensuite ouverte sur une prestation énergique de Fredz, qui a interprété sa chanson Le stade, finaliste pour la Chanson de l’année. Il a été suivi par Billie du Page, qui a offert Fake Friends, avant de céder la place à Jay Scøtt, venu livrer une performance inspirée de Woodstock.

Photo : Julien Clairoux
Le moment a culminé en un tableau musical rassembleur : Billie du Page et Fredz ont rejoint Jay Scøtt sur scène pour conclure la chanson dans une ambiance festive et complice, saluée par les applaudissements nourris du public.
Le gala a misé juste avec une ouverture au ton cinématographique, alternant séquences d’introduction et transitions soignées. L’animateur Pierre-Yves Roy-Desmarais a d’ailleurs donné le ton avec une entrée humoristique et scénarisée, le montrant dans un cauchemar fictif où il se retrouvait seul sur scène en caleçon avant d’être ramené à la réalité par l’unique Marjo. Une mise en scène réussie qui a marqué le début d’un gala aussi divertissant que symbolique.
Artiste autochtone de l’année
Dans la catégorie Artiste autochtone de l’année, la victoire est revenue à Elisapie, honorée pour son parcours remarquable et son influence grandissante. Bien que Samian n’ait pas remporté le Félix, sa présence parmi les finalistes a rappelé l’importance de son œuvre et de son rôle pionnier dans le Hip-Hop autochtone.
Rappeur, poète et militant, il demeure une voix incontournable de la culture rap francophone et continue d’inspirer une génération d’artistes autochtones à travers le pays.
Lors de son discours de remerciement, Elisapie a prononcé des mots qui résonneront longtemps :
« On est un peuple millénaire qui est là depuis longtemps. »

Photo : Métis Wallace
Album de l’année – Succès populaire
Dans la catégorie Album de l’année – Succès populaire, la victoire est revenue aux Cowboys Fringants pour Pub Royal. Souldia, qui figurait parmi les finalistes avec Nouvelle vie, n’a donc pas ajouté de nouveau trophée à son palmarès cette année.

Photo : Métis Wallace

Photo : Métis Wallace
Il conserve toutefois un record historique de trois Félix dans la catégorie Album de l’année – Rap, un exploit qu’il a confirmé lors du Premier Gala du 5 novembre.
Pour Aswell et Jay Scøtt, également nommés dans cette catégorie, la soirée s’est soldée sans trophée, mais leur présence confirme leur position au cœur du paysage musical québécois. Comme souvent, la scène Hip-Hop reste bien représentée, et leur temps viendra sans doute très bientôt.
Groupe ou duo de l’année
Plus tard dans la soirée, Viviane Audet et Damien Robitaille sont montés sur scène pour présenter la catégorie Groupe ou duo de l’année, un prix du public particulièrement suivi.
Le duo Rau_Ze, qui portait les couleurs du R&B et de la soul urbaine, figurait parmi les finalistes mais n’a pas remporté le Félix. Leur nomination demeure néanmoins une belle reconnaissance pour un projet qui incarne le lien entre la scène Hip-Hop, la musique alternative et les nouvelles sonorités d’ici.
Spectacle de l’année
Enfin, dans la catégorie Spectacle de l’année, le Félix a été remis à Lou-Adriane Cassidy pour Journal d’un Loup-Garou. Ce triomphe souligne la qualité de sa mise en scène et la force de son univers musical.
De leur côté, Souldia, Fredz et Jay Scøtt, également en nomination, peuvent être fiers d’avoir hissé la culture Hip-Hop jusque dans les catégories les plus prestigieuses du Gala.
Artiste de l’année – Rayonnement international
Dans la catégorie Artiste de l’année – Rayonnement international, Fredz figurait parmi les nommés pour son influence croissante auprès du public francophone à travers le monde.
Même s’il n’a pas remporté le trophée, sa nomination confirme la portée internationale du rap québécois et la vitalité de la relève. De plus en plus d’artistes d’ici, qu’ils viennent du rap, du R&B ou de la pop urbaine, franchissent aujourd’hui les frontières culturelles et linguistiques.
Les anges Sarahmée et Rymz sont descendus sur scène.
Le public a ensuite eu droit à une prestation éloquente de Sarahmée, qui a livré À la dure avec une assurance et une intensité remarquables.
Elle a rapidement été rejointe par Rymz, qui a enchaîné avec High on Life, marquant son entrée avec une présence scénique magistrale, digne de l’un des anges gardiens de la culture Hip-Hop, le genre d’ange qui apporte de la lumière à une culture qui en a littéralement besoin. Sans back vocal, Rymz a offert une performance pure et sincère, démontrant une fois de plus sa maîtrise de la scène.
Le duo s’est retrouvé ensuite pour La vie d’avant, un moment fort en émotion qui a fait vibrer la salle.
Cette séquence a confirmé le rôle central de Sarahmée et Rymz comme visages majeurs du rap québécois actuel, capables d’unir énergie, technique et authenticité dans un cadre télévisé grand public.
La chanson de l’année
La catégorie Chanson de l’année était particulièrement attendue, avec Fredz (Le stade) et Jay Scøtt (Woodstock) en lice aux côtés de plusieurs grands noms de la chanson québécoise.
Finalement, c’est Lou-Adriane Cassidy qui a remporté le Félix de la Chanson de l’année pour Dis-moi, Dis-moi, Dis-moi (Radio Edit).
Une victoire qui vient couronner une année forte pour l’artiste, tandis que Fredz et Jay Scøtt repartent sans trophée, mais avec la satisfaction d’avoir offert des prestations marquantes qui confirment la montée en puissance du rap d’ici sur la scène grand public.
L’artiste masculin de l’année
Dans la catégorie Artiste masculin de l’année, le prix a été remis à Pierre Lapointe, Jay Scøtt et Fredz figuraient tous deux parmi les finalistes, témoignant de la reconnaissance grandissante du rap dans les sphères plus généralistes de l’industrie musicale québécoise.
Cependant, aucun des deux n’a remporté le Félix cette année. Leur nomination marque toutefois une étape importante : celle d’une génération d’artistes Hip-Hop désormais considérée au même titre que les figures majeures de la chanson d’ici.
Le bilan de ce 47e Gala de l’ADISQ est clair : le rap est perdant dans toutes les catégories, mais gagnant sur le plan de la visibilité.
Les artistes Hip-Hop étaient partout : sur scène, dans les nominations, dans les discussions, dans les esprits.
L’industrie a désormais la responsabilité de construire sur du solide, et on le sait tous, le Hip-Hop au Québec, c’est du solide.
Bravo à tous les artistes, et meilleure chance la prochaine fois.
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