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Québec

Enima fait passer le message à Medusa

«Je ne paye pas comptant, je ne m’appelle pas François, chez nous on la revend.»

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Pendant que l’été bat son plein et que les projets pleuvent à profusion, les artistes ne chôment pas, contrairement à certains politiciens. De son côté, l’artiste et entrepreneur Enima a annoncé la sortie d’une nouvelle chanson prévue pour vendredi prochain, et honnêtement, les fans sont plusieurs à attendre ça avec impatience.

Les réactions ont été si nombreuses en ligne qu’on comprend rapidement que le rappeur a visé juste.

La publication est clairement satirique, d’autant plus que dans la vidéo, Enima fait référence au fameux yacht et lance :

«Je ne paye pas comptant, je ne m’appelle pas François, chez nous on la revend.»

Avec l’historique du rappeur, difficile de savoir si c’est du vrai ou pas, mais peu importe, c’est un bon troll.

Pour ceux qui n’ont pas la référence : Julien Duguay, propriétaire de la Bijouterie Medusa, s’est retrouvé au cœur d’une controverse ces derniers jours après l’annonce d’une une sortie en bateau qui aurait coûté 180 000 $, durant laquelle des propos dégradants envers des femmes présentes à bord auraient été tenus dans des extraits diffusés en ligne. Comme toujours avec ce genre de clip, le contexte complet n’a pas été établi publiquement dans son intégralité, mais ça n’a pas empêché la vague de réactions.

Vous pouvez suivre les avantures de Medusa et les streamers québécois sur ce lien : StreamerFest | Miami Takeover

C’est donc dans ce contexte qu’Enima aurait décidé, à sa façon, de passer le message à Medusa par voie musicale, un clin d’œil qui n’a visiblement pas échappé à sa communauté, et qui promet une sortie savoureuse vendredi.

Le vrai fond de la chicane avec François Lambert

Rappelons que Julien Medusa n’en est pas à ses premiers démêlés publics. En mai dernier, une guerre de mots avait éclaté entre lui et l’entrepreneur François Lambert, bien connu du grand public notamment pour son passage à Dans l’œil du dragon. Tout était parti d’un direct où Lambert critiquait ouvertement le style de contenu de Medusa et de son acolyte Lewis le Fou, dénonçant une culture de dépenses qu’il jugeait extravagante et mal perçue socialement.

François, est-ce que c’est parce que dans ta vie tu ne sais pas t’amuser comme Medusa, donc tu aurais un brin de jalousie? Je dis ça, je dis rien.

Sauf qu’en y regardant de plus près, difficile de ne pas y voir autre chose qu’un simple débat sur la rigueur financière. Le style que Lambert dénonce, les chaînes, les Rolex, les liasses, le côté flashy assumé, c’est justement l’image historique du Hip-Hop, celle du rags to riches que la culture urbaine célèbre depuis toujours comme symbole de réussite pour des gens qui sont partis de rien.

Le bling-bling n’est pas une dérive de la culture Hip-Hop, il en fait partie intégrante depuis ses fondations : Cash Money Records et son empire de bijoux et de Bentley, Death Row Records et l’imagerie de puissance et de richesse affichée sans complexe, Bad Boy Records et le champagne, les chaînes en diamants, le glamour érigé en signature de marque, c’est tout ça, le Hip-Hop, depuis les années 90.

Quand Lambert s’attaque à ça précisément, il ne critique pas juste un homme, il critique un pan entier de la culture Hip-Hop et Urbaine. Et pour moi, c’est clair : ce n’est pas juste une question de gestion financière, c’est un malaise, voire un mépris de fond envers la richesse étalée au grand jour.

Medusa, lui, ne s’excuse pas d’exister

Medusa, de son côté, a bâti tout son personnage sur l’audace et le spectacle assumés, un pari qui, qu’on l’aime ou non, fonctionne et qui rejoint clairement avec un public, qui se reconnaît dans ce parcours flamboyant. Contrairement à d’autres qui cachent leur réussite par gêne, Medusa l’affiche, quitte à déranger et c’est justement ce culot-là qui, dans la culture Hip-Hop, a toujours été salué plutôt que puni. Mais, dans la vraie vie, être riche, c’est mal perçu.

Il faut aussi rappeler sa websérie De homeless à Rolex, qui a fait jaser en mettant en scène des personnes en situation d’itinérance filmées jusqu’à ce que l’une d’elles remporte une somme importante. Medusa s’est défendu bec et ongles, affirmant que son seul but était réellement d’aider ces gens, quitte à y perdre de l’argent.

Et honnêtement, la réaction de malaise qu’a suscitée ce projet en dit peut-être plus sur nous que sur lui : le Québec reste une société assez frileuse dès qu’un homme d’affaires fortuné s’affiche publiquement à aider des personnes démunies.

Contrairement à d’autres cultures où l’ostentation philanthropique fait partie du jeu médiatique normal, on a ici le réflexe de flairer l’arnaque avant même de reconnaître l’impact réel du geste. Que ça dérange ou non, au moins Medusa essaie quelque chose et ça vaut mieux que l’indifférence.

Et du côté d’Enima?

Pour ce qui est d’Enima, sa dernière sortie officielle en carrière demeure son album EVIL WORLD, lancé le 10 avril 2026 et composé de 14 titres, dont Années, Réciproque, Aube et Cullinan. Un projet qui confirme, une fois de plus, que l’artiste continue d’avancer à son rythme, peu importe les controverses qui l’entourent.

C’est donc un Enima toujours aussi actif et vocal qui s’apprête à revenir avec cette nouvelle chanson vendredi. Et si le clin d’œil à Medusa se confirme, on tient probablement l’une des sorties les plus attendues de l’été, un rappel que, peu importe les controverses, la culture Hip-Hop québécoise continue d’occuper le terrain haut la main. Et à Magazine Hip-Hop, on n’a pas l’habitude de relayer les potins; mais cette époque-là est révolue, parce que le number one, c’est-à-dire toi, mérite de savoir ce qui se passe, en bien comme en mal.

On garde donc l’œil ouvert pour vendredi.

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