Amérique Latine
«For Freedom» : Daniela Jordán et El Enano Cuba, prendre la liberté au mot
Quand elle est venue me voir en Norvège, ça faisait plus de dix ans qu’on ne s’était pas vus en personne.
La version espagnole est actuellement en mode BETA.
Daniela Jordán et son père El Enano Cuba signent For freedom, une collaboration unique, née d’une histoire familiale marquée par la distance. Dévoilé le 22 janvier 2026, le vidéoclip a pris forme lors de retrouvailles en Norvège, plus de dix ans après la dernière rencontre en personne entre le père et sa fille.
Actif depuis la fin des années 1990, El Enano Cuba a construit son parcours entre écriture, performances live et collaborations avec plusieurs figures du rap cubain, tout en participant à des événements reconnus, dont Red Bull Cuba. De son côté, Daniela Jordán représente une nouvelle génération, dont la prise de parole débute publiquement en 2021, dans un contexte politique fort.
Entrevue avec El Enano Cuba
Magazine Hip-Hop est allé à la rencontre d’El Enano Cuba pour revenir sur la genèse de For freedom, son parcours et ce que représente cette collaboration artistique pour lui.
Avant de revenir sur la création de For freedom, il est nécessaire de situer le parcours d’El Enano Cuba. Actif depuis la fin des années 1990, le rappeur cubain a évolué entre écriture, performances et collaborations, tout en développant une démarche artistique fortement liée au contexte social et politique de son pays d’origine.
Magazine Hip-Hop : El Enano, avant de parler du morceau, peux-tu rappeler brièvement ton parcours pour nos lecteurs ?
El Enano Cuba :
Je suis né à La Havane en 1982. J’ai écrit mon premier couplet en 1999. J’ai étudié les arts plastiques à l’Académie nationale des arts, tout en continuant à écrire. Très tôt, mes textes étaient liés à la réalité sociale et politique de Cuba. J’ai participé à plusieurs battles, dont Red Bull Cuba, et j’ai collaboré avec des artistes comme Los Aldeanos, Raudel, Kamankola, Silvito el Libre, et aussi Al2 El Aldeano.
La chanson For freedom s’inscrit aussi dans une histoire familiale marquée par l’exil. La fille d’El Enano Cuba quitte Cuba alors qu’elle n’a qu’un an, mais le lien entre eux ne se rompt jamais. À distance, la transmission de l’amour paternel se fait malgré tout.
Magazine Hip-Hop : For freedom est directement lié au parcours de ta fille. Comment s’est manifesté son intérêt pour la musique ?
El Enano Cuba :
Ma fille a quitté Cuba quand elle n’avait qu’un an. Malgré la distance, nous avons toujours gardé le contact. Très jeune, elle a montré des aptitudes pour la musique, la danse et le dessin. On a toujours échangé, même de loin.
Magazine Hip-Hop : Dans quel contexte a-t-elle commencé à écrire et à rapper ?
El Enano Cuba :
En 2021, le contexte politique cubain provoque une vague de manifestations importantes. C’est dans ce climat que (ma fille) Daniela Jordán fait entendre sa voix publiquement pour la première fois.
Après les manifestations du 11 juillet 2021, elle a ressenti le besoin d’écrire. Elle était très attentive à ce qui se passait à Cuba. Des artistes comme Al2 El Aldeano l’ont beaucoup influencée, notamment avec la chanson Patria y Vida. Elle a enregistré son premier couplet directement depuis son téléphone, sans penser à la suite.
La vidéo, filmée de manière spontanée, circule rapidement en ligne. Elle dépasse le cercle familial et attire l’attention bien au-delà des réseaux sociaux.
Magazine Hip-Hop : Cette première vidéo a ensuite connu une large diffusion. Qu’est-ce que cela a entraîné ?
El Enano Cuba :
La vidéo a beaucoup circulé et a même été diffusée à la télévision. Par la suite, elle a pu enregistrer le morceau de façon professionnelle au studio La Cueva, à Tampa, qui appartient à Al2 El Aldeano. C’était une étape importante pour elle, autant sur le plan artistique que symbolique.
Magazine Hip-Hop : For freedom naît lors de vos retrouvailles en Norvège. Comment ce moment a-t-il influencé le morceau ?
El Enano Cuba :
Quand elle est venue me voir en Norvège, ça faisait plus de dix ans qu’on ne s’était pas vus en personne. On s’est retrouvés, on a beaucoup parlé, et l’idée de faire un morceau ensemble est venue naturellement. Il n’y avait pas de stratégie ni de plan précis. C’était le bon moment.
Le morceau est ensuite structuré et finalisé avec une équipe réduite, dans un cadre volontairement simple, loin d’une production lourde ou calculée.
Ils souhaitaient simplement créer une chanson ensemble, mais ont finalement donné naissance à une œuvre d’art qui les unit une fois de plus pour la vie.
Magazine Hip-Hop : Comment s’est déroulé le travail sur la chanson et le clip ?
El Enano Cuba :
La production a été assurée par Salvador Sánchez Weishaupt, qui a tout de suite compris l’esprit du projet. Le clip a été réalisé par Jan Erick Gino, ici en Norvège. Tout s’est fait simplement, sans pression.
Au-delà de l’aspect artistique, For freedom porte une charge émotionnelle particulière, liée à une relation construite malgré l’absence physique et les années de séparation.
Magazine Hip-Hop : Qu’aimerais-tu que le public retienne de For freedom ?
El Enano Cuba :
Que, malgré la distance et les années, il est possible de créer quelque chose de vrai ensemble. La musique peut réunir des personnes que la vie a séparées.
For freedom, c’est aussi un message plus large : peu importe l’oppression ou les difficultés, nous n’avons qu’une seule vie.
La question est simple : choisit-on de rester constamment opprimé ou de chercher la liberté pour enfin vivre, au lieu de simplement survivre ?
Personne ne devrait survivre, la vie n’est pas un privilège.
Une relation construite malgré la distance
Sans pouvoir se serrer dans les bras ni partager certains moments essentiels en personne pendant des années, El Enano Cuba et sa fille ont pourtant réussi à bâtir un lien solide, nourri par l’échange, la transmission et la création. For freedom illustre cette relation singulière, où l’art devient un point de rencontre.
Le morceau circule aujourd’hui bien au-delà de la Norvège et commence à trouver un écho en Amérique du Nord.
À suivre…..
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Lissette Martínez Perez
25 janvier 2026 à 11 h 59 min
La separación tiene y tendra siempre muros políticos, pero el amor siempre los sobrepasa
Ver a mi nieta junto a mi hijo cantándole a Cuba me emociona, siempre temí k mi nieta no amará sus raíces, siempre le hablaba de Cuba y su historia y lo logré además agradecida también de su madre k la educó amando el café cubano y la ropa vieja