Connectez-vous avec nous

Europe

Rimebo : l’artiste qui a traversé l’Atlantique pour réaliser son rêve

À quatorze ans, le rap entre dans sa vie par effraction.

Publié

-

Il y a des artistes que l’on découvre parce qu’ils ont une popularité monstre. Et puis il y a ceux que l’on remarque parce que tout ce qu’ils font a du sens. Rimebo est de cette deuxième catégorie. Français d’origine, il a choisi de traverser l’Atlantique pour venir étudier la production musicale au Collège Unica/Musitechnic de Montréal, une institution culte qui vient tout juste de sceller un partenariat avec E&A Talent et Cash Money Records, puis également avec Magazine Hip-Hop, dans l’objectif de structurer la prochaine génération d’artistes francophones. Rimebo est le premier à avoir intégré ce parcours. Ce qui suit, c’est l’histoire de comment il en est arrivé là.

Vingt cinq ans à peine, il a tout plaqué. La famille, le confort, le cercle rassurant d’une vie déjà tracée. Une valise, un billet pour Montréal, et cette conviction tranquille que la musique mérite mieux que la demi-mesure. On a voulu comprendre ce qui se passe dans la tête d’un artiste qui décide un matin que le rap est plus important que la vie routinière du quotidien.

Un petit pas pour l’homme, un grand pas vers la culture

L’histoire commence à sept ans. Pas avec un micro, pas avec un beat, avec une guitare électrique dans la tête et l’envie de faire trembler des stades. Il grandit dans cet entre-deux qui ne fait ni pauvre ni vraiment riche, mais dans lequel on apprend tôt à se tenir bien. Sauf que Rimebo ne s’y tient pas vraiment. À l’école, il est déjà ce garçon que les professeurs remarquent pour les mauvaises raisons, trop curieux, trop à l’oblique, trop ailleurs.

À quatorze ans, le rap entre dans sa vie par effraction. Ce n’est pas une découverte douce, c’est une collision. Parce que le rap, pour lui, n’est pas un genre musical parmi d’autres. C’est une façon de penser, de dissoudre la distance entre ce qu’on vit et ce qu’on dit. Une onde, comme il dit lui-même :

«Quelque chose qui se propage depuis lui vers les autres.»

À dix-huit ans, il quitte sa ville pour Paris. Pas pour faire la fête, pour étudier les arts. Et puis Paris ne suffit plus. Il faut aller voir ce qui se passe de l’autre côté de l’océan.

Photo : Ensemble de presse de l’artiste

Ce qui frappe chez Rimebo, ce n’est pas juste le talent et son potentiel, c’est la cohérence du geste. Partir au Canada pour étudier la production musicale au Collège Unica/Musitechnic, dans un pays dont il ne maîtrisait rien, c’est une prise de risque qui en dit long sur le personnage. Montréal lui a rendu la pareille. Rimebo s’y est enraciné vite, avec l’instinct de ceux qui savent reconnaître un terrain fertile.

«Les bases sont là. Le reste, ça s’apprend.»

Les chiffres, eux, commencent à parler. Sur Spotify, Rimebo revendique 1 155 auditeurs mensuels et deux projets sortis en 2024 qui posent les fondations d’un catalogue cohérent : Préambule.Wav en mars, puis Eternal Moonlight en avril. C’est Abîmes qui s’impose comme son titre de référence, frôlant les 128 000 écoutes. Une chanson qui mérite qu’on s’y arrête, si vous ne connaissez pas encore Rimebo, c’est par là qu’il faut commencer.

On lui demande pourquoi la musique, et pas autre chose. Il réfléchit une seconde, pas longtemps, juste assez pour que la réponse soit honnête.

«La musique permet aux gens de comprendre une autre facette de la vie à laquelle ils n’auraient peut-être jamais pensé.»

C’est ça, pour lui, l’enjeu. Pas la gloire, pas le streaming, pas les followers. Faire en sorte que quelqu’un qui n’aurait jamais croisé ton chemin dans la vraie vie se reconnaisse dans ce que tu as mis dans un couplet.

C’est une ambition à la fois très française, cette idée que l’art a une responsabilité, et très rap. Le paradoxe lui va bien.

L’artiste qui avait tournée avec Jack Daniel’s

Avant de traverser l’Atlantique, Rimebo avait déjà prouvé qu’il savait tenir une scène. En 2022, il participe à la tournée Jack Daniel’s, ayant cumulé plus de 60 dates à travers toute la France, passant par le Point Éphémère à Paris, le Douala City à Lyon ou encore Le Secteur à Bordeaux. Un baptême du feu à grande échelle, aux côtés d’artistes de la relève déjà remarqués, qui lui apprend ce que les studios n’enseignent pas : comment tenir une salle, soir après soir, ville après ville.

En 2023, il foule la scène du Kindarena de Rouen lors de la 2e édition du KOF, un format atypique qui dit beaucoup sur sa capacité à s’adapter à n’importe quel contexte. En 2024, c’est lui qui prend les rênes : la Péniche Antipode devient le théâtre de sa première scène entièrement organisée, une heure de live devant une centaine de personnes.

Le 25 juin, Rimebo montrera ce que tout ça donne sur scène, lors de Vampréal 3 : SummerMosh au Belmont de Montréal, un événement réunissant plusieurs rappeurs de l’underground montréalais autour de Juxger en tête d’affiche, avec notamment YNG, Jay TNYF, KOZZYY, BRSKK, Cupidvic, Lencci, Stoney, Lofsky et Intro Perspective.

Pour un artiste qui a traversé l’Atlantique pour ça, monter sur une scène montréalaise n’est pas banale pour lui, c’est une démonstration de l’aboutissement à l’accomplissement. Que le chemin parcouru avait un sens. Que l’exil volontaire n’était pas une fuite, mais une continuité logique dans le parcours de sa vie artistique.

Rimebo est rapidement devenu un artiste à surveiller. Son parcours, son authenticité et son évolution artistique retiennent déjà l’attention. Nous suivrons son cheminement et vous tiendrons informés des prochaines étapes du jeune rappeur qui n’a peur de rien.

À suivre…


Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Facebook

Publicité