USA
27 ans plus tard, Redman reprend un classique d’Eminem
C’est un clin d’œil à l’histoire. C’est une façon de reconnaître un impact.
Redman continue d’alimenter la culture avec Don’t Give AF, un freestyle posé sur l’instru légendaire de I Just Don’t Give a F du MC de Détroit Eminem, tourné au Japon dans le cadre de la série J@q Boi Be@tz Freestyle. La capsule montre une fois de plus cette fidélité à l’essence du Hip-Hop, tout en envoyant un message clair : le rap reste une communauté où les artistes se reconnaissent, se respectent et se soutiennent.
Ce geste peut sembler simple, mais il porte énormément. Depuis les débuts du mouvement, la fraternité entre rappeurs traverse les villes, les scènes et les générations. Redman reprend un classique, il redonne vie à des repères sonores qui ont marqué des millions de personnes.
Redman l’a toujours assumé. Reprendre ces bases, c’est pour lui une manière de contribuer, de célébrer et de rappeler que le Hip-Hop s’est construit sur le partage. La rencontre surprise avec Eric Jamal de Coast Contra lors du tournage renforce encore cette idée d’un mouvement global où les connexions se font naturellement.
Aux origines du morceau d’Eminem
Pour comprendre la portée du geste, il faut revenir au parcours d’Eminem et à l’histoire derrière ce beat culte.
Le single Just Don’t Give a Fuck est d’abord sorti le 13 octobre 1998 sur son Slim Shady EP, avant de connaître un impact massif en 1999 lorsqu’il est repris sur The Slim Shady LP, accompagné d’un vidéoclip devenu un repère du rap américain. La version Still Don’t Give a Fuck, toujours présente sur The Slim Shady LP, sort officiellement le 23 février 1999 sous UMG Recordings, Inc.
Le Slim Shady EP, publié en 1997 via le label de Detroit Web Entertainment, reste un projet essentiel. C’est là que le vétéran Eminem introduit pour la première fois son persona Slim Shady, un personnage qui deviendra central dans toute sa carrière. Ce projet a surtout attiré l’attention de Dr. Dre, qui a ensuite signé Eminem sur Aftermath et produit son véritable premier album majeur, The Slim Shady LP.
(Vous trouverez à la fin de l’article les différentes versions du morceau qui ont inspiré Redman à poser ce freestyle.)
À cette époque, Eminem explore des thèmes beaucoup plus personnels et sombres que sur Infinite. Le EP aborde la pauvreté, les critiques, ses soucis familiaux, en plus d’un style beaucoup plus tranché, avec un flow totalement différent et un storytelling plus affirmé.
Selon Billboard, Eminem voyait alors la musique comme sa seule porte de sortie face à une vie difficile.
Pourquoi le geste de Redman compte autant
Quand un artiste de la stature de Redman, lui-même source d’inspiration pour tant de MC dans le monde dont Eminem lui-même, revisite une pièce aussi marquante du catalogue de Slim Shady, ça dépasse le simple exercice technique.
C’est un clin d’œil à l’histoire. C’est une façon de reconnaître un impact. C’est un rappel que le Hip-Hop avance grâce à des cycles où chacun contribue à pousser la culture plus loin.
Ce type d’hommage garde la mémoire vivante. Il unit les époques et montre que les fondations du mouvement restent solides, portées par des artistes qui savent d’où ils viennent et ce qu’ils doivent à ceux qui ont laissé leur trace.
Liens des versions et vidéoclips
Il s’agit ici de la démo alternative de Just Don’t Give a Fuck, remasterisée, amplifiée au niveau des basses et légèrement raccourcie. Tout comme pour As the World Turns, cette version intermédiaire a été créée après la démo présente sur le projet Unmastered Sequence, mais avant la version officielle que l’on retrouve sur The Slim Shady LP .
L’outro a été réduite d’environ huit secondes pour offrir une écoute plus fluide.
On remarque aussi que l’instrumentale ressemble fortement à celle que l’on entend dans le refrain et l’outro de Still Don’t Give a Fuck sur The Slim Shady LP, ce qui laisse croire que cette démo aurait pu être enregistrée avant l’écriture de Still Don’t Give a Fuck.
Eminem – « Just Don’t Give a Fuck » (1997)
Eminem – « Just Don’t Give a Fuck » (1998)
Eminem – « Still Don’t Give a Fuck (A Cappella) » (1998)
En fin de compte, Redman rappelle pourquoi il occupe une place à part dans cette culture. Sans chercher l’attention, il continue d’honorer ceux qui l’ont influencé, tout en montrant qu’il reste connecté à l’essence du rap. Son freestyle n’est pas un geste nostalgique. C’est un rappel de ce qui fait tenir ce mouvement depuis cinquante ans. Du respect. De la transmission. De la fraternité.
Redman reste Redman. Un pilier. Un moteur. Un symbole d’unité dans un monde où tout bouge trop vite.
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